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Bernard Tschumi présente «son» musée
junio 20, 2009, 6:06 pm
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Musée | Le Musée de l’Acropole ouvre ses portes demain. Visite avec l’architecte.

© Giorgos Moutafis | Bernard Tschumi. Deux jours avant l’inauguration officielle, l’architecte suisse est «simplement content». Il commente son travail: «Le matériau principal de mon musée, c’est la lumière».

NICOLAS VERDAN / ATHENES | 19.06.2009 | 00:03

Sur le parvis devant l’entrée du Nouveau Musée de l’Acropole, on ne voit que lui. Fine silhouette en costume bleu, chemise sans col, l’architecte suisse Bernard Tschumi arbore une écharpe de soie rouge écarlate. Sobriété, élégance, le maître des lieux est à l’image de son bâtiment, inauguré demain en présence de nombreux chefs d’Etat.
«J’ai l’habitude de ce genre d’événements. Lors de l’inauguration du parc de la Villette, j’étais aux côtés de François Mitterrand.» Star mondiale de l’architecture, Bernard Tschumi conserve une simplicité empreinte d’un enthousiasme juvénile: «Aujourd’hui, je suis simplement content. C’est formidable que ce musée ait fini par exister.»

Musée qui «parle en soi»

Une manière de dire que les dieux grecs n’ont pas toujours été favorables au chantier. Entre les archéologues, soucieux de préserver les fouilles (ndlr: grâce à Tschumi, les vestiges de l’Athènes du néolithique apparaissent sous les pas des visiteurs) et les voisins, sans oublier les sensibilités diverses des familles politiques, Tschumi a dû composer. «J’ai bénéficié de l’engagement incessant de Dimitrios Pandermalis, le président du Nouveau Musée de l’Acropole. Avec lui, le dialogue a très bien fonctionné. Pour faire un bâtiment pareil, il faut une communion intense avec les équipes.»
Discret en diable, l’architecte ne pense pas faire de discours demain. Comme il le dit, non sans espièglerie, son musée «parle en soi». Tout de verre, ce «bijou» – comme l’appelle le ministre grec de la culture, Antonis Samaras – laisse filtrer les rayons du soleil, aussitôt absorbés par les murs mats en béton sablé. «Le matériau principal de mon musée, c’est la lumière», précise bien Tschumi. Une alchimie qui donne une parfaite visibilité aux statues de marbre.
Emerveillé par le spectacle des vestiges du Parthénon, dont il est le metteur en scène, Tschumi a des yeux d’enfant quand il parcourt les couloirs de son propre musée: «Je ne suis pas un spécialiste de l’Antiquité. En revanche, j’ai toujours été passionné par le dialogue entre l’ancien et le nouveau.»

Les frises, tout un cinéma!

Au service des œuvres présentées, le Nouveau Musée de l’Acropole joue de toute évidence sur ce rapport. «Je trouve cette période fascinante, on y aperçoit, au télescope, toute notre culture et notre histoire.»
Assailli de toutes parts, Tschumi serre des mains dans le vestibule de son musée. Son téléphone ne cesse de crépiter. Calme en apparence, l’architecte sort un calepin et note un numéro à rappeler.
Un peu étranger à tout ce brouhaha précédant l’inauguration, l’architecte semble prendre plaisir à fuir les contingences. Passionné, il reprend: «C’est aussi le cinéma qui m’a conduit à ce projet de musée à Athènes. J’ai découvert qu’Eisenstein a composé Alexandre Nevski selon le même système que les frises. Chaque plan du film était découpé en vignettes qui progressaient au même rythme que la musique. Il se trouve qu’il a construit son film après un voyage en Grèce, où il avait observé la frise du Parthénon. Dans son film, les scènes de bataille sont des copiés-collés de l’œuvre antique.»

«Convaincre le British»

Un procédé déjà expérimenté par Tschumi dans les années 1970, avec ses fameux «Filmscripts» exposés dans une galerie new-yorkaise. Il avait réalisé un dessin de 11 mètres de long, racontant un meurtre sur la 42e rue. Au dernier étage de l’Acropole, la recette est la même: «Je conçois la frise comme une histoire qui se déroule sur près de 160 mètres de long, explique l’architecte. Je l’ai donc remise dans son contexte original, telle qu’elle apparaissait sur le Parthénon. Sur les parties authentiques se lit la patine des siècles. Sur les pâles copies de plâtre blanc, on découvre l’histoire du colonialisme.»
L’architecte suisse avait-t-il seulement pris la mesure des enjeux politiques en faisant le concours du Nouveau Musée de l’Acropole? «Bien sûr! L’affaire de la frise est une contrainte comme une autre. Une bonne architecture sait les tourner à son avantage. Et l’une des contraintes de mon musée vise à convaincre le British Museum de lui rendre les marbres.»

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The New Acropolis Museum, Designed by Bernard Tschumi Architects
abril 15, 2009, 2:15 pm
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New Acropolis Museum

The historic masterpieces of the New Acropolis Museum-from the archaeological remains of ancient Athens left visible beneath the building to the glorious Parthenon frieze installed at the top- will be displayed in total for the first time when the museum celebrates its official opening on Sat., June 20, 2009.

Designed by Bernard Tschumi Architects of New York and Paris with Michael Photiadis of Athens as local associate architect, the museum has presented a number of temporary exhibitions in a lower-floor gallery over the past year. With the official opening, visitors will at last view the full suite of galleries, presented in a dramatic architectural experience designed explicitly for this collection.

With more than 150,000 sq. ft. of exhibition space-ten times more than the previous Acropolis museum-the New Acropolis Museum will display surviving antiquities from the Acropolis and serve as a catalyst for strengthening international interest in the classical world. The 226,000-sq.-ft. museum is both a defining cultural project for Greece and a key reference point for the art community around the globe.

To present the unparalleled collection, architect and lead designer Bernard Tschumi created a deliberately non-monumental structure whose simple and precise design invokes the mathematical and conceptual clarity of ancient Greek architecture.

“The form of the building arose as a response to the challenges of creating a structure that was worthy of housing the most dramatic sculptures of Greek antiquity, and doing so in an overwhelmingly historic and monumental setting,” explains Tschumi. “The site at the foot of the Acropolis confronted us with the Parthenon itself, one of the most influential buildings in Western civilization. At the same time, we had to consider the sensitive archaeological excavations, the presence of the contemporary city and its street grid, and the special challenges of the hot climate in Athens and an earthquake region.”

Located in Athens’ historic area of Makryianni, the New Acropolis Museum stands less than 1,000 ft. southeast of the Parthenon, at the entrance of a network of pedestrian walkways that link the key archaeological sites and monuments of the Acropolis. This location was carefully selected to enable a dialogue between the museum’s exhibition spaces and the Acropolis buildings. Tschumi won the commission in 2001 as the result of a design competition judged by a prestigious jury of architects, engineers, and archaeologists, chaired by Santiago Calatrava.

“The design was chosen for its simple, clear, and beautiful solution that is in accord with the beauty and classical simplicity of the museum’s unique exhibits and that ensures a museological and architectural experience that is relevant today and for the foreseeable future,’ states Professor Dimitrios Pandermalis, president of the Organization for the Construction of the New Acropolis Museum.

During pre-construction, archaeologists discovered the remains of an ancient Athenian city, excavating over 43,000 sq. ft. These remains have been preserved and integrated into the museum design and are an important part of the visitor experience.

The building is articulated in three layers, with a base, a middle zone, and a top. The base hovers over the excavation site on more than 100 slender concrete pillars, which have been individually positioned with the help of experts so as not to disturb the delicate remnants. This level contains the main entrance lobby and temporary exhibition spaces, as well as openings and glass floors looking onto archaeological excavations.

A glass ramp leads to a double-height space in the middle section, which accommodates the permanent collection galleries from the Archaic to the late Roman period, and a mezzanine level with catering venues and a public terrace.

The building culminates in the Parthenon Gallery, a rectangular, glass-enclosed, sky-lit space that is rotated 23 degrees from the rest of the building so as to align with the Parthenon. The gallery’s glass outer walls allow visitors uninterrupted, 360-degree views of the ancient temple and the surrounding city. In the center of the Parthenon Gallery, the rectangular concrete core of the museum serves as the wall on which the Parthenon frieze is exhibited, placed in the exact same arrangement and orientation as when it adorned the monument.

The route through these layers forms a three-dimensional loop, guiding visitors through the collection, which is installed in chronological sequence. Beginning with the archaeological excavations, visible through the glass floor in the entrance gallery, the sequence reaches a programmatic high point with the Parthenon Frieze, set in a gallery at the top of the building against dramatic views of the Acropolis, and then loops down to finish in the Roman Empire galleries below. The sequence of movement through the museum’s exhibitions is designed to be of the utmost clarity and to accommodate the large groups of visitors expected daily.

The collection of the New Acropolis Museum consists principally of sculptures, many of which originally decorated the monuments of the Acropolis. These works were created to be viewed in daylight, illuminated by subtle changes in light throughout the day. Extensive use of glass in the building’s design allows the integration of natural light into the galleries, thus ensuring similar exhibition conditions. Ambient natural light floods the top-floor Parthenon Gallery and is filtered through the gallery’s glass-floored atrium into the floors below. Skylights, walls of shaded glass, and rectangular openings also help light flow through the building.

Throughout the New Acropolis Museum, glass, concrete and marble have been used to complement the simplicity of the overall design. Concrete provides the main building structure and acts as a neutral backdrop for the artwork. Circular holes have been placed at intervals throughout the concrete walls in order to absorb sound. Local marble has been used on the floors, with dark stone used for circulation and light beige for the galleries.

The New Acropolis Museum features galleries for the permanent collection, galleries for special exhibitions, a 200-seat auditorium, a multimedia space, a retail store, a bar and restaurant and support facilities. It is surrounded by 75,000 sq. ft. of landscaped gardens.