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Barcelone : de ville régionale à cité culturelle
julio 31, 2009, 7:08 pm
Filed under: Arquitectura Española | Etiquetas:

Pierre Thibault, collaboration spéciale
Le Soleil

Il y a une ville pour moi qui est l’exemple éloquent de la capacité de transformation d’une cité lorsqu’on a un plan concerté et le désir politique de le réaliser : Barcelone.

Je suis allé à Barcelone, la première fois, il y a un peu plus de 20 ans pour voir le pavillon de Barcelone conçu par l’architecte allemand Mies Van der Rohe pour l’exposition de 1929 et démantelé par la suite.

Afin de célébrer le centenaire de la naissance de Mies et pour permettre de revisiter ce projet iconique de l’architecture du XXe siècle, il a été reconstruit en 1986. Je me rappelle mon premier cours d’histoire de l’architecture donné par Marcel Junius à l’École d’architecture de l’Université Laval. Je me demandais bien pourquoi un bâtiment constitué simplement de deux murs parallèles et d’un long toit plat pouvait avoir une telle importance, jusqu’à ce que je me rende le voir à Barcelone. La première fois que je m’y suis rendu pour le visiter, c’est le gardien qui, à la fin de la journée, m’a gentiment demandé de quitter les lieux. J’étais complètement subjugué par la simplicité, la beauté et la richesse des espaces créés par l’architecte.

Deux plans d’eau, une sculpture magnifique de Georges Kolbe représentant une femme les bras levés, des murs vitrés, un plancher qui glisse de l’intérieur vers l’extérieur, des proportions idéales, des matériaux nobles : le maximum d’effet avec le minimum d’effort, voilà ce qui résume l’essence de ce projet. Il est à l’image de ce que l’un a fait avec l’aménagement de la ville de Barcelone. Un plan simple, cohérent, intégrateur et qui a un effet de mise en valeur des composantes de la ville. Des efforts coordonnés qui vont dans la même direction plutôt que des interventions disparates et distribuées sans plan d’ensemble. En 10 ans, Barcelone est passée du statut d’une ville régionale à une cité culturelle reconnue internationalement.

Premièrement, on a redonné l’accès à la mer Méditerranée par des quais et des plages en déplaçant une partie du port.

Deuxièmement, on a réaménagé et créé un ensemble de plages publiques contemporaines qui favorisent les déplacements des piétons, multiplient les réseaux de circulation et mettent en valeur l’art public. Troisièmement, on a réinscrit dans les villes des institutions culturelles de haut niveau comme le Musée d’art contemporain créé par l’architecte américain Richard Meier et qui sont de véritables phares pour la ville.

Quatrièmement, on a fait appel aux meilleurs créateurs pour susciter un dialogue stimulant entre les beautés de la ville ancienne et les projets vitaminés contemporains. Une alchimie assez simple mais qui demande les bons acteurs pour former une équipe de visionnaires portant le projet d’une ville et de sa communauté.

Gaudí

Il est également étonnant lorsqu’on déambule dans Barcelone de voir la place immense qu’occupe l’architecte Antoni Gaudí au début du XXe siècle, depuis son premier projet important de la casa Vicens jusqu’à la Sagrada Familia, l’église à laquelle il consacra la fin de sa vie et qui est devenue le symbole d’une cité qui a toujours défendu son particularisme. Dans l’église toujours en construction, il y a une forêt de colonnes striées supportant quatre galeries. L’effet de l’ensemble est imposant et le souvenir impérissable par les formes inusitées inspirées de la nature que crée Gaudi, la signature de chacune de ses oeuvres, le magnifique Park Guëll, la casa de Mila, la casa Terrades.

la rambla

La Rambla, la longue avenue la plus célèbre d’Espagne, est une ode à la vie dans la cité. Une promenade sur la Rambla jusqu’à la mer est une véritable introduction à la vie barcelonaise, le Mercat de San Josep appelé «la Boqueria» est le marché le plus coloré de la ville, le Grand Théâtre del Liceu, les cafés, les terrasses, les amuseurs publics, les vendeurs, les boutiques sont la véritable colonne vertébrale de la ville. On y vient et y revient tout le temps avec le même plaisir. Un autre élément important pour apprécier la ville, c’est la colline de Montjuïc, d’où on a une superbe vue sur la ville et qui nous permet de comprendre le plan d’urbanisme de Cerda qui connu l’expansion de la ville au XIXe siècle selon une grille constituée d’îlots imposants. On y retrouve les superbes équipements sportifs des Jeux olympiques de 1992, des jardins et des musées. Mon préféré, c’est la Fondation Miro, par l’architecte Lluis Sert, à la demande de l’artiste. On lui doit aussi la fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence. C’est un bâtiment tout en blanc sur lequel sont déposées de grandes verrières dans des formes arrondies. La lumière virtuelle entre en abondance pour nous permettre de découvrir les oeuvres très colorés et ludiques du grand peintre tout en surplombant la ville depuis les belles terrasses extérieures.

Voir Barcelone, c’est vouloir y revenir, le plaisir de déambuler, la vie qui s’étire dans la nuit, les promenades sur la mer, les cafés animés, une ville tellement imposante.

Bon voyage.

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