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Wright, génial pionnier de l’architecture américaine
junio 2, 2009, 3:42 am
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Comme chaque année, les amateurs passionnés de Frank Lloyd Wright (1867-1959) ont fait le pèlerinage à travers les maisons d’Oak Park et les faubourgs de Chicago (Illinois). Elles accueillent, un jour seulement, et par petits groupes, les fanatiques de l’architecte le plus admiré du pays, auteur en particulier du Musée Guggenheim de New York. Construit en 1959, ce musée accueille depuis le 15 mai une vaste exposition consacrée à l’oeuvre de Wright, en présentant 64 projets majeurs sur les 800 qu’on prête à l’architecte.

Pour la visite des maisons, le silence est de règle, comme à l’église. En temps ordinaire, seuls sont ouverts au public le Temple de l’Unité (1905), la Robie House (1909) et le premier atelier de l’architecte, qu’il abandonna à la même époque avec femme et enfants, pour les besoins d’une plus vaste ambition architecturale.

L’atelier est pieusement entretenu dans son état d’origine, assez polymorphe. La Robie House, longue et basse maison – comme plaquée sur le sol -, est scandée de toitures en porte-à-faux, et vibrante des matériaux – bois, brique, pierre et vitraux – qui constituent l’arsenal composite de l’architecte. C’est l’un des premiers édifices témoin, par tous ses détails, d’une aventure formelle et spatiale prodigieusement libre.

Une théorie, presque une théologie de l’architecture vivante, “organique”, que le créateur du Guggenheim de New York n’a cessé de perfectionner. Comme nombre des édifices tenus par les fondations liées à Wright, à Chicago, Los Angeles, New York, Taliesin (Wisconsin) et Taliesin Ouest (Arizona), la Robie House n’est qu’en partie ouverte, pour cause de restauration.

Si l’on devait suivre l’aventure de Wright, le chemin nous conduirait avec Mamah Cheney, sa deuxième femme – précédemment celle d’un de ses clients – en Europe, puis dans le Wisconsin, au Nord de Chicago, où il crée sous le nom de Taliesin sa première communauté, vouée à l’architecture et à une vie frugale. Les bâtiments brûleront en 1914 et Mamah Cheney y périra avec deux enfants et quatre autres personnes. Reconstruit avec sa troisième femme, Olgivanna, Taliesin brûlera une deuxième fois, et encore une troisième fois sans faire autant de morts.

Wright part ensuite s’installer dans l’Arizona pour y fonder Taliesin Ouest, qui survivra à l’architecte et deviendra le siège de sa fondation.

Ces fragments de vie n’apparaissent guère dans l’exposition du Musée Guggenheim. Pas grand-chose non plus sur la vie fulgurante de Wright : cette lecture puriste et structuraliste de l’oeuvre a été regrettée par la critique américaine, notamment Wladimir Ouroussof (New York Times). Intitulée “De l’intérieur vers l’extérieur” (jusqu’au 3 août), l’exposition sera présentée à partir d’octobre au musée Guggenheim de Bilbao (Espagne).

Comme toutes les institutions américaines, le Guggenheim de New York est confronté à la crise économique. Le 17 juin, un dîner de gala sera donné, dont les bénéfices iront à la Fondation Frank Lloyd Wright.

Difficile d’obtenir des chiffres mais, alors que la restauration de la Maison sur la cascade (Pennsylvanie) est heureusement achevée, et que la vaste spirale de l’institution new-yorkaise a pu bénéficier des temps heureux pour se faire lifter et discrètement agrandir, l’oeuvre de Wright reste exposée et fragilisée par une construction qui n’était pas toujours exempte de désinvoltures techniques.

La Fondation a ouvert ses archives, permettant l’annonce d’une pléiade d’ouvrages, alors que chaque année voit déjà sortir son titre de référence, sans compter les rééditions des textes messianiques de ce fils de prédicateur baptiste. Premier sorti en France : Frank Lloyd Wright, l’intégrale (Le Chêne), une intégrale malgré tout sélective, utile par son format (400 p., 39,90 euros). Taschen promet un nouvel effondrement des bibliothèques : trois tomes monumentaux incluant la totalité de l’oeuvre construite, dessins originaux compris, mais aussi les projets restés dans les limbes. Premier paru : Wright 1943-1959, qui évoque souvent des projets peu connus. Suivront les années 1885-1916, puis 1917-1942, des césures pertinentes. A raison de 600 pages et 150 euros chacun, on saura tout de l’oeuvre, et en version trilingue, en gardant l’espoir d’un supplément consacré à la vie.

Cette vie dramatique n’est pas inconnue. Mais la dimension de l’homme Wright gagnerait à être mieux diffusée, comme le montre le récent livre de Nicholas Fox Weber sur l’autre grand génie du XXe siècle, Le Corbusier (éd. Fayard). Destiné à être partagé avec le public, tel un gros roman à lire devant la mer (Le Monde du 29 mai), il ne livre des rapports entre Wright et Corbu que le refus du premier de toute rencontre avec le second, à qui il fit cette aimable réponse : “J’espère que Le Corbusier trouvera l’Amérique comme il espérait la trouver”.

La seule construction de la Fondation Guggenheim à New York est une aventure bien américaine. Inachevée à la mort de l’architecte, elle ne put être transformée en cours de route, selon l’habitude de Wright. Il laissera à son propos quelques lignes qui valent manifeste : “L’oeil ne rencontre aucun changement abrupt ; il est au contraire doucement conduit, comme s’il était au bord d’un rivage, et regardait une vaque se dérouler indéfiniment, un étage se fondant naturellement dans le suivant au lieu de l’habituelle superposition de strates. L’ensemble est coulé en béton dans une structure qui s’apparente davantage à une coquille d’oeuf qu’à une structure cruciforme.” Wright exposé au Guggenheim : une histoire de bernard-l’ermite.

Frédéric Edelmann
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