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A Oslo, l’opéra-iceberg des architectes de Snøhetta
mayo 14, 2009, 3:13 am
Filed under: Le Monde, Snøhetta | Etiquetas: ,

LE MONDE | 11.05.09 | 18h44  •  Mis à jour le 11.05.09 | 19h07

Oslo (Norvège), envoyé spécial

En norvégien Snøhetta, signifie à peu près la calotte de neige, celle qui coiffe la montagne de Peer Gynt, du dramaturge Enrik Ibsen. Snøhetta c’est aussi une agence d’architecture norvégienne tout droit sortie des glaces, inclassable, sorte d’espion qui viendrait du froid dans l’intention de bousculer l’ordre établi des réputations internationales. Snøhetta a reçu, le 29 avril, le prix européen d’architecture contemporaine 2009 pour l’Opéra national de Norvège, construit dans le port d’Oslo, décerné par la Commission européenne et la Fondation Mies-Van-der-Rohe, située à Barcelone. Le prix est accompagné d’un chèque de 60 000 euros.

Snøhetta est dirigée par trois associés, les architectes Kjetil Trædal Thorsen, Tarald Lundevall et Craig Dykers, mais l’agence, installée elle aussi au bord du port, compte plusieurs dizaines de collaborateurs, architectes et paysagistes surtout. Alors qu’elle était passablement inconnue, l’agence Snøhetta a remporté en 1989, année de sa création, le concours international pour la Bibliotheca Alexandrina lancé par l’Etat égyptien et l’Unesco auquel 650 architectes avaient répondu. Un édifice situé dans une région désertique dont le formalisme débridé, explosif, pouvait avoir une sorte de parenté avec les travaux de cette autre équipe d’extraterrestres qu’est, en France, Architecture Studio, auteur du Parlement européen à Strasbourg.

Le vocabulaire de l’Opéra d’Oslo, au fond du fjord du même nom, est un iceberg arraché aux glaces qui viennent parfois bloquer les navires. Des pans de marbre blancs obliques laissent imaginer des courses de pingouins, quand les Osloïtes n’y font que de calmes promenades, dominant alors, à 32 mètres de haut, les entrailles du théâtre et la beauté des rives du fjord. Y alternent les paysages de port, la renaissance d’une capitale en plein essor – la Norvège est riche en pétrole – et ces énormes paquebots de plaisance qui, à Oslo comme à Venise, tuent l’échelle de la ville. De grandes baies vitrées laissent un peu passer des mystères de l’intérieur, surtout, elle renforce par leurs reflets l’aspect glacé de l’édifice.

Trois salles de 1 350, 400 et 200 places attendent le public, dans une déclinaison de bois tout simplement nordique, chaleureuse. L’édifice inclut tout ce qu’un opéra, dans une ville de 575 000 habitants, nécessite. Magasins d’accessoires et de fabrication des costumes, salles de danse et de répétition, vastes hangars pour peindre les décors. Les maquettes un peu désuètes côtoient les décors peints à grands coups de balais, explosion colorée qui contraste avec le style épuré du nouvel opéra. Et sa pure réalité technique : Une grande partie des 38 500 m2 du bâtiment étant située sous le niveau de la mer, sa construction a nécessité la pose de 12 000 m2 de palplanches (un système classique de planches métalliques destiné à assurer l’étanchéité). Il repose sur 28 kilomètres de piliers dont certains s’enfoncent à moins 60 mètres. Les travaux ont duré cinq ans et coûté 525 millions d’euros.

A 10 minutes à pied de l’opéra, au nouveau Musée national d’architecture d’Oslo, construit par Svere Fehn, immense architecte norvégien mort le 23 février, une exposition est consacrée au travail passé, actuel et futur de Snøhetta. Les trois associés continuent leur chemin dans les terres brûlantes d’Arabie, où ils projettent d’immenses objets non identifiés, comme le Centre King Abdulaziz pour la connaissance et la culture, à Dhahran (Arabie saoudite). Une architecture tellurique, riche de métaphores. Et ce n’est pas sans logique que Snøhetta a réussi à s’infiltrer sur le territoire de Ground Zero à New York, zone sinistrée à l’avenir triste, où ils doivent construire le mémorial du 11-Septembre.

L’Opéra national de Norvège d’Oslo a été primé au terme d’une longue sélection. Cinquante projets ont été choisis en Europe (la condition est qu’ils aient été achevés dans les deux années qui précèdent le prix), et cinq ont fait l’objet d’une étude plus poussée : outre Oslo, le Zénith de Strasbourg de Massimiliano Fuksas, la gare de tramway de Nice de Marc Barani, l’université Luigi-Bocconi à Milan (Italie), de l’agence anglaise Grafton Architects et la bibliothèque du district de Sant Antoni, à Barcelone (Espagne), de l’agence Aranda Pigem Vilalta

Une mention spéciale du prix Mies-Van-der-Rohe, dotée de 20 000 euros, a été attribuée à un gymnase situé à Koprivnica, en Croatie, conçu par les jeunes architectes Lea Pelivan et Toma Plejic du Studio Up.

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