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Esquisses d’un au-delà de l’architecture
septiembre 21, 2008, 4:24 am
Filed under: bienal venecia

REPORTAGE. La 11e Mostra internationale expose des installations plutôt que des constructions. Pour plus d’idées, une exploration des pavillons nationaux s’impose.

Lorette Coen, Venise
Samedi 20 septembre 2008

Décor immuable, Venise et sa lagune, sites identiques, affluence affolante, convergence massive de journalistes et couverture de presse impressionnante: la 11e Mostra internationale d’architecture n’a plus rien à envier, désormais, à sa grande sœur, la Biennale de l’art. Ouverte le week-end dernier sous des trombes d’eau, elle a refusé une foule de «beautiful people» à la fête inaugurale, en dépit des cartons d’invitation, au prétexte que l’immense Arsenal était plein. On se contentera de pressentir la présence de têtes couronnées – Jean Nouvel, Zaha Hadid ou encore Frank O. Gehry, sacré du Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Puis on plongera jusqu’à l’asphyxie visuelle et intellectuelle dans cette Biennale démesurée, galaxie foisonnante et confuse sur laquelle d’innombrables expositions, conférences, débats et réceptions sont venus se greffer.

A l’orée des Giardini di Castello, site des pavillons nationaux, une rencontre rafraîchissante: celle de la Pallethouse des Viennois Andreas Claus Schnetzer et Gregor Pils, l’un des dix projets lauréats du premier Concours étudiant européen d’architecture durable. Ce prototype grandeur nature construit à l’aide palettes recyclées s’adapte aux situations les plus variées: maison de vacances aussi bien que logement d’urgence pour personnes déplacées ou habitants de bidonvilles. On retrouvera d’autres architectes en herbe exposés dans les Artilleries, espace dévolu à Everyville, le concours «on line» pour jeunes talents lancé par Aaron Betsky, le directeur américano-néerlandais de cette 11e Biennale.

782 candidats, de 48 pays, les plus nombreux originaires d’Italie, des Etats-Unis et du Brésil, ont répondu à la question résumée ainsi: imaginez une ville, rappelez-vous celle où vous avez grandi, vos sensations, les sons, le vent dans les arbres… Or voici qu’aujourd’hui les lieux s’évanouissent plus rapidement qu’une vie humaine. Dans ces conditions, qu’est-ce qui constitue la réalité, qu’est-ce qui confère un ancrage physique et social? L’architecture, au sens traditionnel, n’apporte pas la réponse. Car comment construire un sentiment d’appartenance communautaire alors que l’espace matériel se dérobe? Formulées par des étudiants de toutes disciplines, les cinquante meilleures réponses, projetées sur grand écran, selon un système habile et ludique capable de relier thématiquement les projets entre eux, offrent des préfigurations de l’avenir d’un enthousiasme entraînant.

Heureusement. Car la visite de l’Arsenal évoque celle d’un bric-à-brac. Priés de renoncer aux habituels plans et maquettes, les quelque 22 bureaux invités par Aaron Betsky – selon quels critères? – s’y expriment de manière plus ou moins forcée et séduisante, sous forme d’installations plus ou moins hermétiques. L’exercice paraissait périlleux d’emblée; et, en effet, mimer les langages de l’art pour traiter le thème de cette Biennale, «Out There. Architecture Beyond Building» (Là-dehors. L’architecture au-delà du bâtiment), n’a pas produit de discours articulé perceptible.

Dans un tel contexte, le Suisse Philippe Rahm reste l’un de ceux qui tire le mieux son épingle du jeu. Alors que les visiteurs passent devant la pièce de mobilier de tonalité citron, aux sempiternelles formes fluides, le Lotus Design de Zaha Hadid, ils s’arrêtent devant le Digestible Gulf Stream qu’il a imaginé, prototype d’une architecture qui travaille sur les températures, les atmosphères, la lumière. Entre deux plans métalliques horizontaux, placés à des hauteurs différentes, portés l’un à la température de 28°, l’autre à 12°, se crée un mini courant d’air; un paysage météorologique invisible se trouve ainsi construit. D’autres expositions-installations – Hall of Fragments, Rome interrompue, La Ville non éternelle – occupent encore l’Arsenal sans qu’un sentiment autre que celui d’impuissance ne se dégage de cette accumulation d’images.

Inversement, dans certains pavillons nationaux des Giardini, qui proposent des réflexions sur l’architecture durable (l’Allemagne), le logement social (l’Angleterre), l’éducation et la recherche (la Suisse), le changement climatique (le Danemark), s’ouvrent, plus humblement, des pistes autrement fructueuses. Ainsi, cette remarque formulée lors d’un débat organisé dans le pavillon helvétique, par Alejandro Aravena, représentant le groupe chilien Elemental, lauréat du Lion d’argent pour jeunes architectes prometteurs: faire de l’architecture aujourd’hui, c’est élargir son métier à la solution de problèmes d’intérêt général. Elemental en a donné l’exemple très concret en dressant des projets de logement, assortis de modes de financement originaux qui favorisent l’inclusion sociale ainsi que la densification urbaine. Un discours terre à terre, très au-delà du bâtiment selon Aaron Betsky.

© Le Temps, 2008 . Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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