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A la Biennale de Venise de l’architecture, l’imaginaire érigé en dogme
septiembre 13, 2008, 6:25 pm
Filed under: bienal venecia

Venise Envoyé spécial

La Biennale d’architecture a trouvé en Venise une protectrice bienfaisante, capable de multiplier et de diversifier ses lieux d’exposition selon les caprices des commissaires ou des candidats exposants. La présidence de la Biennale avait confié cette onzième exposition internationale à un commissaire de poids. Aaron Betsky a dirigé pendant six ans avec brio l’Institut néerlandais d’architecture (NAI), à Rotterdam, et a pris depuis 2007 la tête du Musée d’art de Cincinnati. Ce saut dans l’espace de la pensée mondialisée lui a peut-être embrouillé les neurones.
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L’essentiel des professionnels sérieux s’interrogent aujourd’hui sur l’avenir des villes, sur les aspects techniques les plus pertinents pour adapter la création architecturale à un monde écologiquement fragilisé. Betsky, lui, rebat les cartes et reprend la vieille rengaine des frontières de l’art et de l’architecture, mal camouflée par un thème propice à toutes les interprétations : “Out there : architecture beyond building”, autrement dit l’architecture au-delà de la construction.

Cette recherche de ce qui peut se cacher derrière l’architecture s’est exprimée sur trois modes différents, dans l’ancien Arsenal – les vedettes y ont été sélectionnées par le commissaire – et dans les pavillons : certaines représentations nationales ont suivi la directive Betsky. D’autres l’ont détournée avec ironie ou subtilité (la Belgique livre un pavillon vide, jonché de confettis, sur le thème du “Jour d’après”… le décès de l’architecture) ; quelques-uns l’ont contourné, ou s’y sont opposés, comme les pavillons de la plupart des pays producteurs d’architecture. Les Français jouent efficacement la diversité (quel rôle pour l’architecte dans la “généro-cité” ?…) . Les Espagnols envoient quelques bataillons d’élites repenser les zones abandonnées par l’urbanisation. Les Nordiques exposent Norvégion Sverre Fehn, inventeur de formes contemporaines qui se souviennent de la force des matériaux naturels.

Si les Russes offrent un patchwork de modèles d’importation pathétiques, les Ukrainiens rappellent la présence paradoxale de la nature en évoquant l’explosion de Tchernobyl, tandis que les Allemands travaillent avec les ressources de la terre. Les Américains jouent la carte d’un urbanisme humanisé. Rares sont toutefois les pavillons où les professionnels ont placé les questions urbaines au coeur de leur présentation, alors que la ville occupait une place centrale au cours des deux précédentes biennales…

PROTOTYPES DÉGLINGUÉS

L’ancien pavillon italien, qui joue désormais le rôle de complément de l’Arsenal, est un impressionnant fourre-tout. Dans ce labyrinthe de cabanes sans esprit ou de prototypes déglingués d’architecture chewing-gum, les vedettes de la scène internationale tirent leur épingle du jeu : le Suisse Jacques Herzog, associé ici au Chinois Ai Weiwei (coconcepteur du grand stade de Pékin), propose une sculpture de chaises et de bambou qui dévore l’espace tout en le laissant libre, l’Anglo-Irakienne Zaha Hadid y montre ses peintures, avec ou sans orientation constructive. Le Hollandais Rem Koolhaas enfin a laissé la famille Lemoine, commanditaire d’une fameuse maison à Bordeaux, tourner un document à la fois émouvant et ironique sur cet édifice d’exception.

Les occupants actuels de l’Arsenal font exploser toute idée sérieuse sur la construction et ses traductions formelles. Tous en bonne place dans le bottin mondain de la profession, ils semblent pour la plupart indifférents au site : ils montrent leur nombril, et pas leur savoir-faire, puisque Betsky les aime ainsi.

Beaucoup ont choisi d’exposer leur mobilier, comme Zaha Hadid, d’autres soulignent le caractère sculptural de leur oeuvre, comme Frank Gehry (honoré par un Lion d’or qui récompense l’ensemble de sa carrière) ou Coop-Himelblau. D’autres encore fabriquent de grands objets ludiques accompagnés de messages incompréhensibles ou d’une vacuité sidérale. En somme, plus l’espace de l’Arsenal se dilate, plus les idées s’y dissolvent. Reste, au fin fond du parcours, un pavillon chinois qui montre de très belles et justes photos de Pékin au milieu de cuves à mazout. Et, au-delà encore, un délicieux jardin potager imaginé par des Britanniques et des Américains. Difficile à interpréter mais au moins comestible.

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