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Dominique Perrault, l’architecte des sensations
junio 16, 2008, 3:43 am
Filed under: Arquitectura Francesa, Francia, Perrault

Marie-Douce Albert
10/06/2008 | Mise à jour : 10:42 | Commentaires 1
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Le Centre Pompidou révèle, à travers deux cents maquettes, l’œuvre prolifique et souvent méconnue du concepteur de la Bibliothèque nationale de France.

Y a-t-il une vie après la Très Grande Bibliothèque ? Il y a un peu plus de dix ans, les quatre tours des bords de Seine et leur jardin caché étaient définitivement ouverts au public. L’ensemble monumental était signé par un jeune architecte, Dominique Perrault. Il n’avait que 36 ans l’année où il avait remporté ce grand concours de l’ère mitterrandienne et fêtait ses 44 ans au moment de l’achèvement total du projet. Il avait connu la gloire et affronté les polémiques. Ensuite, il se fit plus discret. « De 2000 à 2005, nous avons fait beaucoup d’études et presque rien construit, raconte-t-il. Mais dans les cinq prochaines années, nous avons une trentaine de bâtiments à venir, dont quatre ou cinq en France. »

Perrault est prolifique et il suffira de pénétrer, dès demain, dans la galerie sud du Centre Pompidou pour s’en persuader. Cette rétrospective prouve qu’il y a non seulement une vie mais une œuvre au-delà de la Bibliothèque. « J’ai un certain plaisir à présenter 60 projets dont 45 sont relativement inconnus, y compris des professionnels », remarque le commissaire de l’exposition, Frédéric Migayrou, qui fait le compte : « Perrault a étudié quelque 400 projets » depuis le début de sa carrière.

Mais ce n’est pas la quantité qui en fait le troisième homme de l’architecture française, avec Jean Nouvel et Christian de ­Portzamparc, ainsi qu’une star à l’étranger. Dominique Perrault, né en 1953, à Clermont-Ferrand, est peut-être architecte parce qu’il n’est pas devenu peintre ce qui est bonnement impensable dans sa famille d’ingénieurs , mais Frédéric Migayrou entend démontrer qu’il est devenu « un très grand architecte ».

Assembler des choses simples

Les quelque 200 maquettes présentées au Centre Pompidou, dont évidemment celles de la BNF, présentent ainsi « sa force d’innovation » et « l’originalité de son langage », poursuit le commissaire. « Dominique Perrault n’impose pas un objet mais crée des espaces, décrypte-t-il. Il fait une architecture que l’on traverse, que l’on expérimente. C’est participatif et très généreux ».

Du complexe olympique de Berlin à la tour hôtel de Barcelone, du stade de tennis de Madrid aux futures tours semi-jumelles de Vienne, Dominique Perrault travaille à assembler des choses simples, non pour dresser des murs mais pour créer des sensations, une « géographie », une relation physique avec l’environnement. « Tout cela est plus de l’ordre du paysage que du bâtiment », juge l’architecte. Certains parlent de « minimalisme », de « non-architecture »… Dominique Perrault assume ces mots et résume son travail en quelques paradoxes : « On peut faire beaucoup avec peu, de l’architecture sans ornementation et disparaître tout en construisant un bâtiment. »

Enveloppement des formes
Si une architecture selon Perrault est un volume simple qui remplit son office, on peut tout de même jouer sur ses limites. De son projet pour le concours international pour la Fondation Pinault jusqu’au complexe hôtelier qu’il bâtit à Tenerife, Dominique Perrault enveloppe ses constructions. À Tenerife, le bâtiment s’habille ainsi d’un vaste filet métallique sur lequel la végétation viendra s’accrocher. Quant au centre de tennis olympique de Madrid (ci-dessus) qui doit être achevé au printemps 2009, il joue les boîtes magiques. Outre ses toitures amovibles, il est empaqueté dans une housse de tissu métallique. Premier filtre contre la pluie, le soleil et le vent, celle-ci rend surtout « le bâtiment vivant. Le jour, la maille est opaque et brillante et la nuit, elle donne un effet lanterne et devient transparente, révélant les volumes qui sont derrière », explique l’architecte. Il se joue ainsi de ce mal nécessaire : la séparation imposée par l’acte de bâtir des murs. Dans sa cotte de maille, l’édifice n’est ni totalement fermé, ni totalement ouvert.

(Dés)équilibre
Perrault prône la forme simple, neutre », qui « n’a pas d’autres fonctions que de protéger, d’abriter des fonctions ». Loin de toute envolée de béton lyrique, les hôtels qu’il construit à Barcelone et à Milan pourraient donc se contenter de leur condition de parallélépipèdes. Mais si les deux tours de Milan (ci-contre), qui abriteront un trois et un quatre étoiles à la fin de l’année, sont des jumelles carrées, « elles sont décalées l’une par rapport à l’autre, légèrement inclinées, ce qui crée des immeubles en mouvement », décrit l’architecte. Leur habit de verre noir renforce l’illusion d’optique en leur donnant comme l’allure d’un « mirage » sous un grand soleil. « La lumière est toujours essentielle, elle rend l’architecture solide ou vibratile », estime Dominique Perrault. Quant à la tour de Barcelone qui sera livrée à la fin du mois, elle est, comme un échassier, posée sur un pied et présente un porte-à-faux à 20 mètres du sol propre sans doute à donner le vertige. « Avec peu de moyens stylistiques », Perrault joue donc avec la perception des passants, les touche, les impressionne.

Effacement
Parfois Perrault enfouit ses bâtiments, les inscruste dans le sol. Ce n’est pas par fausse modestie, par désir farouche de se faire discret mais plutôt par « volonté de créer un caractère de l’ordre du paysage ». En 1999, il achevait un complexe sportif à Berlin, monumental mais tapi dans le sol dans un verger de pommiers. À Séoul (ci-contre), il a créé une vallée en pente douce pour abriter des activités sur le campus de l’université féminine Ewha. Un bâtiment qui semble ne pas en être un, inauguré en avril dernier. « Il y avait là une espèce de non-lieu, une excavation dans la colline sur laquelle se trouvent les pavillons de l’université où l’on trouvait parking et terrains de sport. L’idée était donc de reconstruire ce paysage de parc », explique-t-il. Les équipements sont camouflés dans une faille et rendent la colline habitée. « Les choses sont en partie cachées, reconnaît l’architecte, mais elles sont aussi mises en scène. »

Du 11 juin au 22 septembre au Centre Pompidou, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 12 33 ou http://www.centrepompidou.fr Catalogue : 40 €.

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