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Architecture : Dominique Perrault, démonstration de géométrie dans l’espace
junio 16, 2008, 3:44 am
Filed under: Arquitectura Francesa, Francia, Perrault

LE MONDE | 13.06.08 | 16h28 • Mis à jour le 13.06.08 | 16h28

Dominique Perrault est un architecte euclidien, un passionné de géométrie qui profite de chaque occasion de la vie pour vérifier la pertinence des lois qui organisent le monde, le plaçant d’équerre ou le faisant tourner en rond. Avec la mezzanine sud du Centre Pompidou, qui accueille son exposition jusqu’au 22 septembre, il ne pouvait pas mieux tomber.

Cet espace rectangulaire peut facilement être remis au carré par un ingénieux artifice de grands rideaux de mailles métalliques, créant autant de salles de projection où s’organise une symphonie rythmée sur l’oeuvre de l’architecte, filmée par le réalisateur Richard Copans.

Les architectes du Centre Pompidou, Renzo Piano et Richard Rogers, exposés ici avant Perrault, avaient meublé l’espace de grandes tables qui leur permettaient de présenter leurs travaux sans avoir à suivre une chronologie mal adaptée à la diversité de leurs réalisations. Perrault joue la même carte. Ses “tables” sont carrées, assez basses, ce qui, dans cet espace dépourvu de photos, et de références techniques, permet de lire remarquablement les maquettes.

Disposés avec la régularité d’un damier, les socles interdisent de classer l’oeuvre en catégories simples : édifices culturels, stades, écoles. Ou encore : projets urbains, ruraux, montagnards. Cela vaut mieux car l’architecte, âgé de 55 ans (il est né en 1953 à Clermont-Ferrand), se range difficilement dans ce type de boîtes.

Le commissaire de l’exposition, Frédéric Migayrou, propose cependant dans le catalogue un classement délicieux, qui rappelle l’imaginaire des plus célèbres chocolatiers contemporains : boîtes, voiles, tectoniques, piles ou méréologies… La méréologie, pour qui l’ignore, est un modèle de pensée, à mi-chemin entre mathématiques et philosophie, qui, pour faire court, se préoccupe des liens entre le tout et la partie.

LE “MAUSOLÉE”

De fait, il est assez difficile de définir chez Perrault une écriture qui obéirait à une constante simple. Convoquons, comme témoin, la Bibliothèque nationale de France dont les quatre tours évoquent la froide rigidité d’un réfrigérateur haut de gamme proprement disséqué, et voici Perrault habillé en maniaque sans âme de la géométrie classique. Bien que versaillais de coeur, les Parisiens ont été peu nombreux à exprimer reconnaissance et admiration à celui qui a édifié le “mausolée” de François Mitterrand.

Rejet viscéral d’une réalisation qui recèle pourtant, pour les lecteurs, de belles qualités de confort et une multitude de détails remarquablement soignés et dessinés.

Partons pour Berlin où se trouve un projet plus férocement géométrique encore : un complexe sportif associant un vélodrome (toit rond) et une piscine (couverture quadrangulaire), mariés dans la perspective des Jeux olympiques de l’an 2000, qui iront finalement à Sydney. C’est une version “body-buildée” de la rêveuse BNF.

Au-delà de ces premiers grands projets, l’exposition permet de découvrir, en une cinquantaine de projets, un architecte aux facettes multiples, déconcertantes, tour à tour énervantes et fascinantes. Côté nerfs, la nouvelle salle du Théâtre Mariinsky (l’ancien Kirov), au coeur de Saint-Pétersbourg, énorme hanneton doré, si vivement contesté qu’il ne pourra pas l’achever.

C’est une des premières tables que rencontre le visiteur. Comme pour la BNF, où il faisait face à d’incessantes polémiques, Dominique Perrault semble prendre plaisir à affronter l’adversité et la critique. Sur l’affiche de Beaubourg, il joue au clown ou au magicien, prêt à jaillir des rideaux métallisés. Il a clairement aussi un côté torero.

Il est donc bienvenu en Espagne. L’immense stade de tennis qu’il construit actuellement à Madrid, encore un carré, encore des boîtes et du métal, correspond assez bien au mariage du spectacle et de l’austérité qui caractérise le meilleur de l’histoire architecturale du pays.

L’université Ewha (réservée aux femmes), rêvée comme une faille monumentale dans les flancs ondoyants de Séoul, en Corée du Sud, révèle, au-delà de la rigueur du technicien, une capacité d’habiter le paysage plus douce qu’à l’ordinaire. Classée “tectonique” par Migayrou, elle rappelle aussi la maison de campagne de Perrault, cachée dans un pli de Bretagne.

Dominique Perrault Architecture. Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris-4e. Mo Rambuteau. Tous les jours sauf le mardi, de 11 heures à 21 heures. Jusqu’au 22 septembre. De 8 € à 12 €.
Catalogue, éditions HYX, 208 p., 650 illustrations, 40 €.

Frédéric Edelmann

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