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Avec le chantier du Grand Paris, le chef de l’Etat prétend rivaliser avec le baron Haussmann
junio 7, 2008, 3:25 pm
Filed under: Le Monde, Paris

LE MONDE | 03.06.08 | 14h48 • Mis à jour le 04.06.08 | 10h17

François Mitterrand a laissé aux Parisiens la grande bibliothèque et la pyramide du Louvre, Jacques Chirac le musée des Arts premiers. Nicolas Sarkozy, lui, voit plus grand. Mercredi 4 juin, le président de la République reçoit à l’Elysée dix grands noms de l’architecture mondiale – parmi lesquels Roland Castro, Jean Nouvel ou le Britannique Richard Rogers – pour leur confier une mission : faire rêver les Français sur le Grand Paris. “Le propos n’est pas de construire des monuments à la gloire du régime”, précise Henri Guaino, conseiller spécial à l’Elysée. “Il s’agit d’enfanter une nouvelle ville comme en son temps le baron Haussmann”, assure ce défenseur de longue date du Grand Paris.

Alors que Bertrand Delanoë s’apprête à lancer de nouveaux projets de tours dans la capitale – notamment dans le 17e arrondissement aux Batignolles et le 13e dans le quartier de l’avenue Masséna -, le président de la République veut, lui, redessiner les contours de la métropole parisienne du XXIe siècle.

Les architectes lauréats se sont engagés à travailler chacun avec une équipe d’une vingtaine d’urbanistes, de sociologues, de philosophes, de géographes, d’ingénieurs, des bureaux d’études spécialistes du climat et des transports. Ils doivent rendre un “diagnostic prospectif” au début de l’année 2009 assorti de propositions “concrètes” pour inventer la métropole de “l’après-Kyoto”.

Au total, c’est une armada de près de 250 personnes qui va fournir cartes, schémas, tracés de nouvelles lignes de métro ou de tramway, emplacement de pôles économiques ou de “nouvelles villes”, selon le voeu du président de la République. “C’est une consultation fondatrice”, s’enthousiasme Antoine Grumbach, l’un des architectes retenus.

Alors que depuis 1966, les grands schémas d’aménagement du territoire sont du ressort principalement des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées sous la tutelle du ministère de l’équipement, “pour la première fois l’Etat demande à des architectes urbanistes d’imaginer l’espace urbain”, se félicite un conseiller de la ministre de la culture, Christine Albanel.

Si le projet est ambitieux, son cheminement a été chaotique… Lorsqu’il lance l’idée d’un “nouveau projet d’aménagement global du Grand Paris” le 17 septembre 2007, à l’occasion de l’inauguration de la Cité du Patrimoine et de l’architecture, le président de la République ne cache pas son ambition de renouer avec la tradition de l’Etat bâtisseur. “Je veux remettre l’architecture au coeur de nos choix politiques” lance-t-il en présence de gloires de l’architecture, telles que Rem Koolhass, Zaha Hadid ou Tom Mayne, auteur de la Tour Phare à la Défense. A l’époque, l’Elysée envisage plutôt de lancer un “concours d’idées” auquel participeraient exclusivement des agences d’architectes.

L’idée d’une consultation théorique qui fasse appel à d’autres experts que les urbanistes ne viendra qu’ensuite et à l’instigation du ministère de la culture. “On a dû se battre pour ne pas se laisser imposer par l’Elysée un ou deux “architectes paillettes”, confie un conseiller au ministère de la culture, qui se seraient d’abord préoccupés de proposer des icônes architecturales.”

L’incursion des chercheurs en sciences de l’homme et de la société dans ce que les ingénieurs considèrent comme leur chasse gardée a suscité aussi agacement et résistances. Au point qu’avec un certain zèle, les services du ministère de l’équipement ont découvert un vice juridique dans le premier appel d’offres de la consultation lancée début 2008. Le ministère de la culture a dû annuler la procédure pour la relancer le 5 mars. La consultation aura pris entre temps six mois de retard.

D’autres critiques sont venues des économistes. Professeur à Paris-XII et expert du développement de l’Ile-de-France, Laurent Davezies, bien que sollicité, a refusé de participer à la consultation. L’urgence, ce n’est pas de “sortir les crayons de couleurs”, estimait-il dans une interview au Nouvel Observateur en janvier 2008. Les “grands gestes poétiques” ne remplaceront pas les grands projets.

Nommé après le lancement de la consultation secrétaire d’Etat au développement de la région capitale, Christian Blanc s’est en revanche bien gardé de toute critique. Le 13 mai, en présentant sa lettre de mission, l’ancien patron de la RATP a souligné que les travaux des équipes pilotées par les architectes nourriraient sa réflexion. M. Sarkozy a de son côté veillé à l’associer au jury de la consultation et l’a convié mercredi à l’Elysée avec Mme Albanel.
Béatrice Jérôme

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