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L’architecte Rogelio Salmona est mort
octubre 8, 2007, 2:08 pm
Filed under: Salmona

LE MONDE | 07.10.07 | 15h08 • Mis à jour le 07.10.07 | 15h12

Un des plus brillants créateurs d’Amérique latine, l’architecte colombien Rogelio Salmona, est mort mercredi 3 octobre à Bogota. Il était âgé de 78 ans. Une exposition monographique présentée par l’Institut français d’architecture au Palais de Chaillot à Paris du 28 juin au 16 septembre, révélait il y a quelques jours encore le génie de cet homme au plus haut point cultivé, modeste mais aux vues étonnamment claires lorsqu’il parlait de la ville ou de l’architecture.

Rogelio Salmona n’était au demeurant pas un parfait inconnu. En 1981, déjà, il avait été la vedette d’une exposition du Centre Georges-Pompidou intitulée : ” Architectures colombiennes”, où l’on voyait la capitale colombienne dominée par ses bâtiments des “Torres blancas” trois tours de brique rouge – la tonalité générale de son oeuvre – au dessin complexe, dialoguant avec les hauteurs de la ville et enserrant avec un drôle d’amour l’arène de toros, tout juste à leurs pieds.

Après sa naissance à Paris, en 1929, d’un père espagnol et d’une mère française, Murio Rogelio Salmona passa son enfance à Bogota, où il commença de brèves études d’architecture. Il a alors seize ans et demi, et c’est à lui que l’on demande un jour de servir d’interprète à Le Corbusier qui, quelque temps avant les événements d’avril 1948, est venu passer quelques jours à Bogota.

L’architecte français lui propose ” comme ça, par politesse”, raconte Rogelio Salmona en 1981, de venir le voir à Paris. Ce qu’il fait peu après, à la surprise du maître français, qui l’accepte quand même comme gratteur dans son atelier puisqu’il ne demande pas à être payé.

C’est là, dans l’atelier du maître, qu’il apprend son métier, “sur le tas”. “Mais c’est là, nous dira-t-il aussi en 1981, que j’ai commencé à me désenchanter. Tous ses schémas étaient préétablis depuis très, très longtemps… On n’étudiait ni le lieu ni les conditions dans lesquels allait se faire l’architecture… Un peu plus tard, il y a eu le plan de Bogota. C’est là que j’ai débuté, mais ce plan n’était absolument rien. C’était un plan de voirie avec un zonage où l’on mettait des couleurs. Il avait une idée préfabriquée de la ville… Pourtant, on a essayé d’appliquer ce plan.”

Au bout de trois ans, il quitte le maître en lui disant simplement qu’il partait faire le tour de la Méditerranée.

Corbuséen anti-Le Corbusier, Salmona se tourne vers les Beaux-Arts, suivant notamment les cours de Pierre Francastel, puis partant à la découverte de la France, de l’Italie, de l’Espagne et de l’Afrique du Nord. C’est auprès de Lombard, qui travaille alors sur les villes arabes et dont il suit les cours à la Sorbonne, qu’il découvre qu'”une ville naît, se crée, se forme, s’embellit à travers d’autres conditions que le simple vouloir d’un prince ou d’un homme, ce qu’on faisait chez Le Corbusier”.

En Colombie, comme dans les autres pays d’Amérique du Sud, les écoles d’architecture et un contexte social fortement inégalitaire conduisent à une production imaginative et très contrastée. Rogelio Salmona tente et réussit le grand écart, livrant tour à tour des oeuvres “impériales”, comme hors du temps.

Il est notamment à l’origine du dessin de la Casa de Huespedes Ilustres du port caribéen de Carthagène, situé dans le nord de la Colombie. Cet ensemble a servi de résidence présidentielle et a souvent été considéré comme le chef-d’oeuvre le plus abouti de l’architecte. Il explique alors qu’il préfère refuser un travail s’il va contre ses idées, s’il risque de détruire un endroit ou d’abîmer la ville.

UNE RÉFLEXION SPATIALE

Logements sociaux ou maisons bourgeoises, chaque projet de Rogelio Salmona est l’occasion d’une réflexion spatiale, écologique, stylistique nouvelle. Donner aux moins fortunés l’espace le plus subtil, tel qu’il les intègre naturellement à la ville, donner aux plus fortunés le sentiment qu’une fenêtre donne nécessairement sur la vie, sur d’autres réalités. Après, chacun plante ses arbres comme il veut.

Les frontières du luxe et de l’ascèse ne passent pas pour cet architecte entre logements collectifs (plus de vingt ensembles) et maisons individuelles (un nombre équivalent) ni entre édifices publics (Bibliothèque Virgilien Banco de Bogota, Maison Gabriel Garcia Marquez à Carthagène) et privés (il reste en cela assez proche du Corbu).

Mais, grâce au génie particulier des maçons et des briquetiers colombiens, parfois aussi des tailleurs de pierre, grâce à une inventivité toujours renouvelée et toujours maîtrisée dans le sens de l’épure, de la forme parfaite (on pense à Kahn, à Aalto), le luxe devient ascèse, et l’ascèse permet de préserver la dignité de l’homme.

L’exposition parisienne est présentée maintenant à Rome jusqu’au 11 décembre, à la Maison de l’architecture (Piazza Manfredo Fanti, http://www.casadellarchitettura.it). C’est peut-être la ville d’Europe où peut le mieux s’apprécier le génie d’un Rogelio Salmona, ancré au plus vif de l’histoire.

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